dimanche 15 avril 2012

Nouvelle Création

Et bien cette fois c'est du lourd...
le fameux coeur,
symbole de la capitale


Nouvelle création pour la compagnie l'Alinéa, en partenariat sur un projet ambitieux.


Projet à envergure européenne, joignant deux compagnies, une portugaise et une française dans le cadre de la capitale européenne de culture 2012, à Guimaraes donc, mélangeant les arts (comédiens marionnettes, vidéo) sur un texte d'un auteur contemporain Portugais écrit pour l'occasion.



Nouvelle équipe donc, l'Alinéa est en co-production avec le teatro Oficina, au coeur du dispositif du centro culturel Vila Flor, lui même au coeur du projet de la capitale... ce qui donne un auteur, 6 comédiens, un directeur artistique, un metteur en scène, un décorateur, une costumière...(j'en oublie c'est sûr) et moi.
Nouveau texte: Cidade Domingo, sorti tout droit de la tête et du stylo de Jacinto Lucas Pires, auteur contemporain de renommée européenne.
Nouveau metteur en scène, Joao Henriques avec lequel le contact passe plutôt bien, je suis le référent marionnette et la création est assez ludique.
Nouveau lieu: Fabrica ASA, construit de toute pièce dans les vestiges d'une usine désaffectée, pour les besoins de la capitale européenne, ça sent la peinture fraîche et on essuie un peu les plâtres... normal, l'inauguration a eu lieu le mois dernier...





Création à la fabrica ASA les 18 et 19 mai 2012

mercredi 21 mars 2012

jour de printemps à Braga


Il fait beau, mais frais en ce 21 mars.


Première série de représentations de la dernière série de A Ilha Desconhecida au teatro circo de Braga
Encore demain et puis cette tournée s'achève..déjà.
Grand Plaisir aujourd'hui, "minha professora" de Portugais à Paris, a fait le voyage jusqu'ici pour venir voir le spectacle... grosse pression et gros trac donc pour moi devant un public hélas peu nombreux.
Hé oui, trop peu de monde pour une si grande et belle salle et un accueil technique quelque peu "fonctionnaire" voire désinvolte, ont fait fondre une bonne partie de l'enthousiasme que j'ai pu laissé paraître sur mes messages précédents... j'y laisse quelques plumes ce soir, c'est comme la chaîne alimentaire, c'est toujours celui qui est au bout qui paie le plus gros tribut.


Toutefois qu'elle tournée... quand même ! et puis quel théâtre (voir la vidéo)


Et puis ce n'est pas fini, je reste encore ici quelques temps pour une reprise de XY ou ma main est maboule, traduit par:
 XY - A MINHA MÃO NÃO BATE BEM DA BOLA   cliquez ici pour rire
Reprise donc avec un percussionniste Portugais, 3 jours de travail ensemble et 3 représentations à la Casa da Musica.
C'est un tout autre univers et il va me falloir faire la transition.


Mais ce week end j'ai Porto pour moi tout seul et je compte bien en profiter pleinement.


Pour finir en beauté, vous pouvez toujours méditer cette phrase d'un sage en voyage: 
"le cumin est à la soupe de lentille ce que la cannelle est au pastel de nata".WP

samedi 17 mars 2012

l'ile inconnue, Premières

C'est fait !
Première en Portugais de A Ilha Desconhecida, au centre cultural Vila Flor à Guimaraes.

Surprenant cerveau qui m'accompagne, au bout d'un moment sur le plateau, je ne pense plus que je parle en portugais, le texte et le sens sont là, au service de ce qui se joue. Je redécouvre cette particularité du théâtre, toutes les mémoires du corps sont présentes pour raviver ce qui se dit et se joue. Seul avantage en français, c'est que en cas de trou ultime, je peux inventer à partir de l'intention alors qu'en portugais je n'ai pas cette liberté, d'ou une attention accrue du dire, de la prononciation et du rythme.

Un grand plaisir, une fois le trac passé, et un rapport au public très fort... c'est un beau spectacle et il touche les gens de la même manière que j'ai été touché à la lecture du livre..

Le travail de simplification, de sobriété,de la mise en corps et de la langue portugaise mené avec Caroline donne une force, une assise qu'il n'y avait pas dans la version française.

Alors que le temps nous paraissait extensible en résidence avant la première, depuis c'est l'accélération, autre rythme que celui de la tournée, autre sensation.

Nous voici déjà à la 4ème représentation, au teatro Viriato à Viseu, joli théâtre à l'italienne de 300 places avec balcon, draperie rouge et bois... refait à neuf il y a 5 ans donc ça fonctionne.

Accueil toujours aussi chaleureux et professionnel... est ce une marque de fabrique des théâtres portugais? quoiqu'il en soit c'est hautement appréciable.

Représentation tout public se soir, celles que je préfère, 21h30.
Et puis demain direction Braga.

Et si vous avez du temps pour vous promener voici quelques photos: album portugal mars 2012

dimanche 4 mars 2012

J-5

Encore 5 jours me direz vous... enfin 4 jours de répétition avant la première..
Comme d'habitude les choses se précipitent au dernier moment et me font monter une grosse boule dans le plexus... j'adore cette tension et je la crains aussi, c'est vivant et profondément déroutant, c'est le dernier instant où on sent encore le rebord du parapet sous la main avant le grand saut à l'élastique.
le trottoir 
Je ressasse sans cesse ce texte (allitération s'il vous plaît) en Portugais, même la nuit je me réveille et des morceaux accaparent ma pensée, des actions quotidiennes déclenchent des phrases entières, et de certains mots en découlent automatiquement d'autres.. c'est la folie du texte appris. Ça le fait aussi en français mais c'est encore plus surprenant dans une langue étrangère.

Aujourd'hui, repos, on en a bien besoin, alors j'écris mes cartes postales...ça tombe bien il pleut. et les trottoirs glissent.

mardi 28 février 2012

aqui nasceu Portugal

Nous voici au coeur du Portugal (c'est du moins ce que l'on nous dit ici),

Guimarães, Capitale culturelle 2012, l'Alinéa fait partie du grand bazar et nous avons commencé la résidence de "création" de A Ilha Desconhecida". Même que nous sommes en couverture du programme.. si si je vous jure... c'est bien ma tête... bref:
10 jours pleins, italiennes, détails, reprises, filages, tout y passe pour que ce soit près pour le 9 mars.
Quel accueil ici ! Tout est fait pour que ça fonctionne pour nous, une résidence de travail, une vrai, la gentillesse et le répondant avec... Bref conditions idéales et on en profite à fond je vous assure.
Chambre à deux pas et demi, Repas à deux pas tout rond, grande salle de répétition avec baie vitrée pour ne pas se sentir enfermé toute la journée..

Le centre culturel Vila Flor joue entre la vieille pierre et le design contemporain, on s'y sent plutôt bien, et les orangers plantés au milieu rajoute à la touche unique du lieu. (spéciale dédicace à sylvain)


On a parfois quelques surprises, des gens que l'on espérait ne pas rencontrer en s'éloignant de la France...mais que voulez vous...

mardi 24 janvier 2012

nouvelle année nouvelle langue

c'est bien parti... youpi
2 heures par jour minimum, tous les matins, je m'offre un jogging dans la langue de Saramago.
Je m'y perds parfois mais je découvre un plaisir que je ne connaissais pas.
J'apprends ce texte de "A ilha desconhecida" avec joie et j'espère méthode.
C'est que la date approche à grand pas, dans 9 jours maintenant nous serons au plateau pour la première phase de travail, première confrontation avec cette langue qui n'est pas la mienne et la scène, le jeu, les marionnettes, les boites qui s'ouvrent sur d'autres boites et les voiles qui se gonflent au vent.
Je prends conscience de la puissance de la langue d'origine, de l'écriture de José Saramago et du fait que  la traduction n'ai pas pu rendre tout ce que je vais pouvoir y mettre dorénavant, et j'ai hâte, j'ai peur aussi...
15 jours ici, à aller le plus loin possible puis 15 jours là bas, dans le bain, au coeur même de la langue et de la culture lusophone (aqui nasceu Portugal) et enfin la première devant un parterre de gens dont la langue maternelle sera celle que je serai en train d'essayer d'articuler au mieux pour masquer mon accent Français.
....Maman!

samedi 24 décembre 2011

C'est Noël, c'est Noël, c'est Noël !

Comme par miracle, l'espoir revient.
Les jours vont rallonger et le soleil se rapprocher de nous (et inversement) en conséquence de quoi j'imagine déjà la chaleur sur ma peau, le sable sous mes pieds, la planche sur la vague, les longues soirées à l'apéro, et le sombrero pour protéger mon crâne... Voilà c'est ça Noël, c'est le point de demi tour, c'est le retour vers la lumière; c'est un espoir un peu fou, un ouf de soulagement.
J'ai envie de me mettre tout nu en jetant mes fringues au vent et de courir partout avec cette idée insensé que ça puisse aider le soleil à revenir, avec cette peur que le miracle pourtant chaque fois renouvelé ne puisse se réinventer sans un acte symbolique permettant le passage du bout au début (et toujours inversement).
Alors pas de cadeaux et de babioles, pas de foie pudiquement "gras", d'alcool, d'huîtres et de chocolat, mais des actes fous en rêvant de soleil, d'espace, de fenêtres ouvertes sur le monde, de balades en tee-shirt et de promesses de beau temps chaud... et des amours, voila ce que je vous souhaite en cette nuit des plus longues... (et inversement).

dimanche 11 décembre 2011

Derniers jours

Nous y voila, on passe deux ans à préparer un projet, et puis un jour il arrive et ça passe trop vite.
Alors ça y est, la première tranche est déjà mangée...

Objectif:
Se rencontrer et donner un premier cadre au projet de spectacle lié à la capitale de culture, programmé le 2 juin 2012, en parcourant l'univers des possibles lié à nos particularités, désirs, possibles et différences afin de donner de la matière à écrire à l'auteur... et vérifier notre compatibilité.
En clair ?
Une semaine de travail avec tous les participants de l'aventure pour mettre à l'épreuve collective les univers de chacun. Faut dire que je ne les connaissais "ni des lèvres ni des dents". A peine avais-je lu l'auteur, mais nous avons tous été choisis et rassemblés par la même personne.
Nous avons donc défriché pendant 4 après midi d'improvisation, une idée soumise par l'auteur, à la découverte de la marionnette et des résonances qu'elle pouvait avoir sur le projet. Vaste responsabilité pour moi de leur faire découvrir à la fois mon univers mais aussi les particularités de la marionnette pouvant servir au mieux une idée de départ.
On a tout essayé, avec les moyens du bord, on a manipulé des corps, des bâtons, des fenêtres, des couvercles de casserole, tout ce qui nous passait par la main et même des vrais marionnettes (celles à moi...)
Et puis chacun est reparti chez soi, avec des notes plein son cahier, et nous attendons maintenant la proposition d'écriture de Jacinto Lucas Pires, l'Auteur.
C'est assez flippant, qu'a-t-il retenu et sélectionné de ce qu'il a vu, des propositions que j'ai faites, de l'univers trop restreint que j'ai pu laisser entrevoir ? Est ce qu'on peut travailler et écrire dans ce sens là?
Je ne l'ai encore jamais fait...  J'ai peur que les images que nous avons créées oriente trop son écriture vers un marionnettisation déjà figée, celle de notre expérience commune, alors que j'espère pouvoir rencontrer un texte qui ait une cohérence intrinsèque dénué d'obligations marionnettiques.
Un texte qui au contact de la marionnette prenne un chemin et une résonance inattendue, surprenante.
Que la marionnette naisse par le sous-texte et ne soit pas un prétexte.
La marionnette peut tuer le texte si les deux racontent la même chose, si la marionnettisation sert le premier degrés et non pas ce qui est a révéler grâce à sa distanciation particulière.
Il serait préférable que l'on aboutisse à tout à fait autre chose que ce que nous avons imaginé de prime abord, quitte même à ce qu'il n'y ait pas de marionnettes du tout, cela ne me gène pas, cela voudrait dire que nous avons su trouver une route a part entière exigée par le propos et non pas que le propos se coule aux nécessités de ma présence. Je crois mon univers plus vaste que ces morceaux de tissus à tête de bois et autre latex de service dont j'adore toutefois me servir.

J'aimerais 
- que l'auteur soit surpris de ce que la marionnette fait résonner d'inattendue et de non révélé dans son texte.
- pouvoir encore faire des propositions nouvelles au metteur en scène, même si elles chamboulent totalement notre idée de départ et aboutisse à autre chose de plus cohérent.
- que les comédiens prennent grand plaisir à découvrir le jeu avec la marionnette, les vieilles querelles ont la vie dure, même chez les jeunes.

Voila, les doutes de la création livrés sur un plateau... et ça va me tenir jusqu'en mars.
Il faut croire que j'aime ça.
Je vous embrasse.

samedi 3 décembre 2011

Expérience culinaire

 En attendant lundi, pauvre marionnettiste "sozinho"(avec un "z"), je fais les 100 pas dans Guimarães, et finalement ce n'est pas si grand que ça. Du coup j'ai du temps pour écrire et c'est assez rare pour que j'en profite, alors "escrevons" puisque c'est d'actualité.
Mais peut on écrire tout et n'importe quoi ?
Oui mais pas avec n'importe qui, et puisque vous lisez ceci c'est que vous n'êtes pas n'importe qui.
Oui je sais c'est n'importe quoi !
 Donc poursuivons.
Grande expérience ce soir, j'ai mangé une Francesinha toute entière...
N'allez pas imaginer qu'une petite française m'a fait les honneurs de son joli corps, morceaux par morceaux, façon guide michelin, que nenni, hélas, il s'agit d'un plat dont je vais tenter devant vous la digestion.
Imaginez un croque "madame béchamel et tranche de lard", lequel trempe dans du ketchup chaud jusqu'à mi-hauteur, le tout au four dans un plat à gratin... Vous prendrez bien une bière avec ça ?
Evidemment je me suis fait proposer des frites en plus et dans mon ignorance crasse de l'art culinaire portugais j'ai dit oui.. un peu! En portugais s'il vous plait, comme quoi je fais des progrès.
J'ai eu droit à une assiette entière, truffée de tranches d'olives noires pour faire joli (?).
Et bien heureusement qu'il y avait des frites pour éponger le ketchup chaud, ça m'a sauvé.
Me voici donc le souffle court, à tenter de gagner du temps avant de me coucher et de laisser mon estomac prendre le contrôle de mon insomnie... il me reste un espoir, je n'ai pas pris la bière finalement.

Voila je n'avais rien à dire ce soir mais j'avais le temps de le faire. A bientot ?

vendredi 2 décembre 2011

Quelques jours au Portugal

salut à tous
Voici donc de la prose puisque ce blog me permet de vous tenir au courant de mes aventures, aventurons nous.

Me voici donc enfin au Portugal, au centre cultural Vila Flor à Guimarães.
2 ans que nous sommes sur le coup avec la compagnie l'Alinéa, et nous commençons lundi la résidence de recherche pour la prochaine création.
La compagnie est en coproduction avec la Cie Téatro Oficina sous la direction d'un metteur en scène, avec un texte écrit par Jacinto Lucas Pires. Pour ma part j'y figure en tant que marionnettiste, artiste invité, garant de tout ce qui touche de près ou de loin à la marionnette et la manipulation.
Arrivé plus tôt, j'ai encadré deux ateliers de formation marionnette, aux professeurs qui vont faire un travail avec leurs élèves (niveau 3eme) sur le texte du "conte de l'île inconnue" de José Saramago.
Et bien il n'y avait que des filles, c'est pareil en France, la marionnette n'attire plus que la gent féminine.. dois-je m'en plaindre ?
Deux objectifs donc, l'île inconnue en Portugais pour mars (voir prochaines dates) et cette nouvelle création, qui n'a pas encore de nom.
J'adore ce pays, même s'il pleut ce soir, et je commence à récolter les fruits de mes cours de langue. (merci  Victoria)
Pas facile tous les jours, surtout quand il s'agit d'encadrer un atelier avec 12 filles, le "Françougues" est encore de rigueur... mais je progresse par la force des choses.
Voila pour ce soir, il est minuit en France et 11h à Guimarães, j'espère que vous allez bien.

Brice